Séminaire Axe 1


La prochaine séance aura lieu le jeudi 22 février 2018, de 09h00 à 13h00, au Département Infocom à Roubaix, en salle 23.

Catégorie : Actualités du Laboratoire

Séminaire Axe 1

Information et communication dans les organisations

 

jeudi 22 février 2018

de 09h00 à 13h00,

Département Infocom situé à Roubaix, salle 23

(https://www.univ-lille3.fr/ufr-deccid/infocom/infos-pratiques/)

 

 

La prochaine séance de séminaire de l'axe 1 (information et communication dans les organisations) sera consacrée aux travaux et projets de chercheurs du laboratoire GERIICO portant sur l'alimentation dans les mondes organisés. Sujet de préoccupation porté à l'agenda des politiques publiques, l'alimentation constitue un enjeu sanitaire, environnemental, qui non seulement mobilise de plus en plus les acteurs institutionnels et économiques, mais aussi les chercheurs, en raison notamment des programmes que ces préoccupations suscitent. Cette séance de séminaire est l'occasion de présenter quelques travaux en cours ou achevés, relevant des SIC, avec pour visée de nourrir la discussion sur les pratiques sociales autour de l'alimentation du point de vue de la prescription, notion discutée dans le cadre de ce séminaire.

 

Vous trouverez ci-dessous les noms des intervenants et un résumé des quatre contributions programmées.



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Marie Berthoud

Communication publique et alimentation : analyse des dispositifs info-communicationnels à destination des enfants dans les écoles primaires

Depuis la fin des années 1990 et face aux risques sanitaires multiples associés à l’alimentation, les écoles sont devenues un champ d’intervention privilégié pour sensibiliser les enfants à la « bonne » alimentation. En France, diverses instances publiques se sont associées pour concevoir et diffuser de vastes campagnes info-communicationnelles à l’échelle nationale dont l’un des objectifs consiste à éduquer les enfants à un ensemble de normes et valeurs liées à ce qui est aujourd’hui désigné comme sain. Pour notre intervention, nous proposons de revenir sur les logiques à l’œuvre de cette communication publique et la façon dont elle circule dans les écoles. Nous nous appuierons pour cela sur notre travail de doctorat basé sur une analyse sémio-pragmatique des dispositifs info-communicationnels et pédagogiques produits de 2010 à 2015 par les instances publiques ainsi que sur des observations participantes réalisées dans les écoles primaires de la ville de Lille.

 

 

Lydie Lenne (GERIICO/LASCO)

Manger des frites à Humanicité. La place de l’alimentation dans un projet d’innovation urbaine.

En périphérie de Lille, l’Université Catholique de Lille accompagnée des municipalités de Lomme et Capinghem crée un nouveau quartier : Humanicité. L’objectif est d’imaginer un espace dans lequel sont présents tous les représentants de la société dans leur diversité et mixité y compris les personnes ayant un handicap, afin qu’ils puissent ensemble s’enrichir de leur contact mutuel. Il s’agit de créer un quartier accessible à tous, où se retrouvent des valeurs telles que le respect, l’entraide, le partage des espaces, la mutualisation des services.

Afin de réaliser ce projet d’innovation urbaine, l’Université Catholique de Lille met en place des instances telle que la « Commission de Mutualisation », qui permettent aux parties prenantes de se rencontrer et d’échanger sur différents points, souvent d’ordre pratique.

L’un des sujets discutés lors de ces rencontres concerne l’attribution des surfaces commerciales du quartier et notamment la question de l’alimentation. Celle-ci est liée à des préoccupations de santé et donne lieu à une distinction entre les personnes handicapées et celles qui ne le sont pas, entre des personnes qui « souffrent » et d’autres qui ne souffrent pas, ce qu’Hannah Arendt nomme la « politique de la pitié ».

Les questions qui se donnent à voir dans ce projet urbain se retrouvent également dans l’espace public de manière plus générale. Le cas d’Humanicité permet de questionner les tensions entre le désir de pousser des individus à l’autonomie tout en les gardant dans des situations de dépendance mais également la manière dont l’alimentation véhicule des valeurs.



Patrice de La Broise (GERIICO)

"Une approche sémio-discursive de l’alimentation comme  objet d’innovation sociale".

"Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde. Le jardin c’est, depuis le fond de l’antiquité, une sorte d’hétérotopie heureuse et universalisante" (Michel Foucault, 1967)

Cette communication entend discuter la notion d’innovation sociale dont le syntagme, très prisé par les acteurs économiques et politiques, ne va pas de soi. À l’heure où le gouvernement français ambitionne de l’ « accélérer », que savons-nous de cette « innovation sociale » dont le pléonasme signifie déjà une innovation sémantique et pragmatique (Ricœur, 1975) ? C’est précisément la construction communicationnelle d’une nouvelle « priorité gouvernementale » que nous souhaitons mettre en débat.

Après un bref rappel historique de la notion, de son émergence à ses derniers développements, nous proposons de mettre l’innovation sociale à l’épreuve de ses ambiguïtés et paradoxes. À cette fin, notre analyse s’appuiera sur un programme de recherche relatif à l’alimentation et aux innovations sociales et territoriales qu’elle inspire. Si l’alimentation suscite de nombreux projets d’innovation sociale sur des territoires multiples, quels en sont précisément les objets et modalités d’accomplissement ? La multiplication de projets alimentaires (production, transformation, distribution, consommation) alternatifs semble opérer, discursivement, selon une axiologie associée à l’économie sociale et solidaire et une méthode très inspirée par la théorie de l’acteur-réseau (ANT). Faut-il, sur cette double hypothèse, considérer de tels projets comme relevant d’une seule et même matrice, à l’instar des capteurs et marqueurs d’innovation sociale formalisés par l’Institut Godin  ? Y a-t-il des différences territoriales observables entre innovations sociales, y compris au sein d’un même réseau ?



Elodie Sevin et Thomas Heller (GERIICO)

Le bien être tiraillé entre logique politique et logique économique : une lecture critique de la prestation de service alimentaire en entreprise.

Nous proposons ici de présenter les prémisses d’une recherche en cours portant sur la prestation de service alimentaire en entreprise. Cette recherche s'ancre dans un projet s’intéressant plus largement à «  l’alimentation en contexte de travail ». Plus particulièrement, nous enquêtons dans la métropole lilloise sur et « aux côtés » d’acteurs-entrepreneurs à l’initiative de deux prestations proposées aux entreprises, prestations liées au bien-être du salarié-mangeur (e.g. livraison de corbeilles de fruits, ateliers naturopathiques, animations, design de cantines, ateliers sensoriels, etc). A partir d’un regard critique posé a priori sur le rapport du management au bien-être, rapport dans lequel s’inscrivent assez largement ces prestations et les discours sur celles-ci, il s’agit, de saisir en quoi l'analyse des discours des prestataires sur leur activité, et les pratiques relatives à la prestation peuvent apporter à une appréhension critique du bien-être comme préoccupation dans les organisations.